Les coulisses du métier de styliste : de la passion à la création

Bonjour ! Moi c’est Louise Caissard, styliste éthique pour les créateurs de marque de mode !

Wendy m’a invitée sur son blog pour te faire découvrir les coulisses du métier de styliste qu’on a souvent tendance à confondre avec son métier, à elle, de modéliste.

Après 1 an de réflexion, tu es trop impatient de te lancer dans la création de ta 1ère collection. Sauf qu’au moment de chercher un prestataire, tu es un peu perdu… Entre styliste et modéliste, vers qui te tourner ?

Pas de panique : j’ai ce qu’il te faut pour te sortir de cette situation compliquée ! Je t’embarque dans mon quotidien de styliste pour t’expliquer en quoi consiste mon métier.


En quoi ça consiste le métier de styliste ?

Le métier de styliste au quotidien

En général, quand on pense styliste on s’imagine tout de suite Karl Lagerfeld faisant de magnifiques dessins de mode. Mais en réalité le métier de styliste va bien au-delà du dessin de mode. Le dessin c’est un peu la partie émergée de l’iceberg, ce qu’on voit et qui fait rêver.

En réalité, avant d’arriver à ce fameux dessin de mode, il aura fallu mettre en place tout un processus créatif pour imaginer la collection. La styliste doit donc en permanence se tenir au courant des tendances de son marché. Elle va à des salons professionnels comme Première Vision, regarde ce que font ses concurrents mais aussi se nourrit d’influences beaucoup plus larges comme l’art, la musique, l’artisanat…

Une fois qu’elle s’est inspirée et qu’elle commence à avoir des idées de ce qu’elle veut faire pour sa collection. Elle va pouvoir matérialiser ses idées à travers un moodboard C’est un pêle-mêle de photos, voire même de tissus et de bout de couleur qui vont symboliser l’ambiance qu’on veut donner à la collection. Le moodboard donne ainsi des idées de forme, de matière, de couleur et de détails.

Exemple de moodboard pour une collection de lingerie

Ce n’est qu’à ce moment-là qu’on va pouvoir passer au dessin de mode en dessinant le plan de collection. Sauf qu’en réalité dans la majorité des marques de mode prêt-à-porter, on a rarement le temps de faire des jolis dessins sur papier des 300 pièces qu’on dessine à chaque saison. Donc dans la plupart du temps le plan de collection sera fait sur un logiciel de dessin vectoriel sur ordinateur. Pour ma part, je fais tous mes dessins sur le logiciel Illustrator de la suite Adobe.

L’avantage de dessiner les dessins sur ordinateurs, c’est qu’ils sont facilement modifiables au fil de la saison en fonction des essayages. En plus, les dessins manuels sont souvent très subjectifs et durs à interpréter par les autres professionnels du textile.

styliste plan de collection
Exemple de plan de collection d’une collection lingerie faite sur le logiciel Illustrator

Car oui, la styliste ne travaille pas toute seule. Une fois qu’elle a réalisé ses dessins, elle va faire la fiche technique pour pouvoir la remettre à la modéliste qui créera les patronages. La fiche technique d’un vêtement, c’est ce que j’aime appeler la “carte d’identité du vêtement”. Elle permet de donner toutes les indications à la modéliste pour que le modèle prenne vie.

Exemple de fiche technique d’un kimono accompagné de la fiche visuelle du motif du tissu

Certaines stylistes sont aussi formées au design textile et dessinent les motifs et éléments graphiques des collections comme le motif all-over que j’ai dessiné ci-dessus par exemple.

Une fois que toute cette phase créative est terminée, la styliste est là pour veiller à ce que ses idées prennent vie comme elle les a imaginées. Elle assiste donc aux essayages des prototypes, elle les commente quand ils ne sont pas conformes à ce qu’elle avait demandé, et trouve des solutions main dans la main avec la modéliste si le modèle ne ressemble pas à ce qu’elle avait imaginé.


Les qualités d’une bonne styliste

Comme tu l’as bien compris, le métier de styliste ne consiste pas à passer sa journée à dessiner des modèles qui lui font envie. Elle doit veiller à faire des propositions créatives commerciales et éco-responsables. C’est un vrai challenge de tous les jours !

Elle doit donc être capable de s’assurer de garder l’univers créatif de la marque, tout en renouvelant à chaque saison les collections suivant les tendances du marché.

C’est aussi un milieu où les collections s’enchaînent très vite et il est donc important qu’elle ait une bonne gestion de son temps pour respecter les délais. Une doudoune en plein été, ça perd un peu de son charme !


Les études

Pour faire le métier de styliste en France, il existe deux voies principales : le secteur public et le secteur privé.

Dans le secteur public, les écoles sont souvent très sélectives et demandent généralement une solide formation en arts appliqués ou en mode. Pour accéder à ces établissements, il est souvent nécessaire de passer par des concours d’entrée exigeants. Les écoles publiques renommées telles que l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) ou Duperré à Paris offrent des cursus réputés pour leur excellence. Personnellement, c’est la voie que j’ai empruntée en suivant mes études à La Martinière Diderot où nous étions seulement 15 à avoir été pris parmi des 100ène de dossier.

Exemple d’un de mes projets d’étude pour devenir styliste de mode

D’autre part, dans le secteur privé, des écoles comme Esmod, Chardon Savard, ou Condé proposent des formations pointues, mais souvent onéreuses. Ces écoles privées offrent un environnement propice au développement créatif et technique des futurs stylistes, avec des programmes axés sur la pratique et souvent des opportunités de stages et de réseautage dans l’industrie de la mode.

Que ce soit dans le secteur public ou privé, la passion pour la mode, la créativité et une forte motivation sont des éléments essentiels pour réussir dans cette profession compétitive et exigeante.


Ne pas confondre le métier de styliste et de modéliste

La styliste au cœur de la création

Comme tu as pu commencer à le comprendre, la styliste est là avant tout pour la partie créative du métier. Elle va choisir les couleurs, les détails, et les formes du modèle. Mais ce n’est pas elle qui va mettre au point celui-ci ni créer les patronages.

Tu peux donc la contacter assez tôt dans ton processus de création de collection. Mais il te faudra quand même venir avec des notions claires comme connaître ta cible, ton univers de marque et les types de produits que tu veux faire. Sans ce brief, la styliste ne peut pas travailler correctement.

Mais je sais qu’il est parfois complexe pour les jeunes marques de faire le tri dans leurs idées, c’est pour ça que dans mon accompagnement “Main dans la mode” je commence toujours par un questionnaire poussé pour connaître tes attentes et tes inspirations. Main dans la mode, c’est un accompagnement sur 10 semaines pour imaginer les trois (ou plus) premiers produits de ta collection de mode étape par étape !


La modéliste au cœur de la technique

À l’inverse, la modéliste est le pendant technique de la création d’une collection. Elle est là pour que le dessin de la styliste prenne vie en 3D. Pour ça, elle va créer le patron du vêtement qui est en quelque sorte le puzzle 3D du modèle.

Il arrive parfois qu’une personne ait la double casquette modéliste et styliste. Mais personnellement, je ne suis pas vraiment pour car je trouve qu’il est très dur d’être bon dans les deux domaines qui demandent des compétences et une façon de penser très différente.

Elle a besoin des indications précises de la fiche technique de la styliste pour travailler. Un simple croquis ne lui suffit pas, car elle ne pourra deviner les finitions, les types de couture, le tissu, la doublure… en gros tous les petits détails qui font que ton produit est unique !

Le patronage va ensuite permettre de créer des prototypes qui seront essayés en présence de de la modéliste et de la styliste (la présence de la styliste n’est pas obligatoire mais vivement recommandé). Tel un vrai duo de choc, elles vont tout faire pour que ton modèle soit parfait !

Une fois le prototype fini, la modéliste va pouvoir mettre au point le dossier technique qui regroupe la fiche technique de la styliste, le patronage, la gradation, le plan de coupe et d’autres petits éléments pour que ton fournisseur comprenne dans les moindres détails comment il doit produire ton modèle.


Conclusion

En conclusion, le métier de styliste est bien plus que le simple fait de dessiner des vêtements. C’est un processus créatif complexe qui demande une compréhension profonde des tendances du marché, ainsi qu’une capacité à puiser l’inspiration dans diverses sources. De la conception du moodboard à la réalisation du plan de collection sur ordinateur, en passant par la création des fiches techniques, le styliste est constamment immergé dans un univers où la créativité rencontre la technique.

Les qualités essentielles d’une bonne styliste incluent la capacité à proposer des idées créatives tout en tenant compte des aspects commerciaux et éco-responsables. Une gestion efficace du temps est également cruciale dans un milieu où les collections se renouvellent à chaque saison.

Il est important de distinguer le rôle du styliste de celui du modéliste : le styliste se concentre sur la création et le concept, tandis que le modéliste prend en charge les aspects techniques de la réalisation des vêtements. Travaillant en étroite collaboration, ces deux professionnels contribuent à donner vie aux collections avec précision et créativité.


Voici où retrouver Louise :

Blog : louisec.fr/blog-mode-ethique/

Site web et ses services : louisec.fr

Instagram : https://www.instagram.com/louise.styliste/

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